À Égalité©

Pourquoi promouvoir des outils de paix ? Parce que la vie est courte, seul le lien guérit et rend heureux

L’Aparté MasterClass

7 avril 18h – 19h30

La gestion de ces moments d’entretien individuel en cours de médiation est cruciale pour maintenir la confiance. C’est l’objet de notre livret collectif « L’Aparté, un entretien individuel en médiation ». Concertation stratégique, communication, confidence, conciliabule, secret, messe basse ou complot : l’aparté ne sera pas vécu de la même manière selon qui le demande, quand et pourquoi, ce qui se passe avant, pendant et lors du retour à la plénière. Il peut susciter craintes, incompréhensions et énervements.

Tout médiateur est libre de construire sa méthode, son cheminement, d’élaborer le processus qui convient le mieux au cas de médiation qui se présente. À condition de respecter scrupuleusement la déontologie dont la neutralité et la confidentialité, le non parti pris, sont les bases essentielles. La plénière est au cœur du processus. C’est bien par la rencontre, cadrée et sécurisée par la médiation, que les parties en opposition vont pouvoir se dire ce qui important, émettre leurs demandes, évaluer ce qui les oppose. Pour autant, il peut se produire qu’en cours de plénière, il soit nécessaire de se parler « en aparté », hors de la vue et des oreilles de l’autre partie. Un médié peut avoir besoin de faire le point avec son avocat, de partager un élément avec le médiateur, médiatrice. Parfois un instant de pause, de réflexion, d’évaluation, peut se révéler utile.

L’aparté est un outil intéressant lorsqu’il permet un retour vers la plénière : nouvelle proposition, autre demande, expression d’un besoin, hypothèse de solution… Ce que nous avons travaillé dans notre livret « L’Aparté, un entretien individuel de médiation » est justement ce mouvement entre le travail collectif et le repli temporaire individuel, en prenant en compte divers éléments : la nécessité de ne pas rompre la dynamique de la plénière, le lien entre ces moments pour qu’ils se nourrissent mutuellement, la clarté de la position du médiateur pour éviter tout risque d’une interprétation défavorable (collusion ou tromperie).

Nous avons eu à cœur de montrer que l’aparté ne pouvait pas être un pis aller quand on ne sait plus quoi faire, ni une sorte de prestidigitation pour éviter tensions ou moments pénibles. En médiation les tensions sont également les moteurs qui vont permettre de s’extraire du conflit.

Il se trouve que les quatre auteurs autrices ont des pratiques différentes de l’aparté. Le dialogue n’en a été que plus riche. Chacun a pu amener son expérience, sa façon de le mener, de l’amener, les questions à se poser, les limites à ne pas franchir. Nous espérons que ce livret comme la MasterClass soit une source d’inspiration et un motif à discussion et échanges. La médiation est une matière vivante, sans cesse à réinterroger.